1.2. Géographie


Superficie :

582 647 km² (un peu plus que la France)

Capitale :

Nairobi (entre 2 et 3 millions d’habitants)

Population :

28,6 millions d’habitants (recensement de 1999)

Langues officielles :

Swahili et Anglais

Religions :

Protestants (38 %),
Catholiques (28 %),
Animistes (26%),
Musulmans (entre 6% et 8%)

Le Kenya est un territoire de quelque 583 000 km2 bordé à l’Est par l’Océan Indien (580 km de côtes) et la Somalie, au Sud par la Tanzanie, au Nord par l’Ethiopie et à l’Ouest par l’Ouganda et une petite partie du Lac Victoria, véritable mer intérieure de 75 000 km2.

Il est traversé d’Est en Ouest par l’Equateur qui, par hasard, passe exactement au-dessus des pics du Mont Kenya, second sommet d’Afrique, à 5199 m, glaciers inclus. Cette région d’Afrique orientale était originellement un plateau de faible altitude jusqu’il y a environ 30 millions d’années, lorsque s’annonça un phénomène géologique unique et grandiose, probablement dû à la dérive des continents : Madagascar se sépare, alors que la corne de l’Afrique craque mais résiste du Mozambique à la Mer Rouge, créant un gigantesque effondrement connu de nos jours sous le nom de Vallée du Rift. Le plateau originel bascule en altitude le long des fractures, créant à l’Est du Rift les hautes terres du centre du Kenya, et à l’Ouest celles du Mau et du Transnzoïa.

Ajoutons à cela une chaîne de volcans (dont certains sont encore dormants) le long des zones de fracture (Mont Kenya, Aberdares, Mont Elgon, Suwa, Longonot, etc.), les plus jeunes (environ 600 ans) constituant la chaîne des « collines » chulyus à mi-chemin de Nairobi à Mombasa. Le plateau s’abaisse de nos jours graduellement à partir des hautes terres du centre vers l’Océan Indien, et à partir des hautes terres de l’Ouest du Rift vers le Lac Victoria.

Cette topographie chaotique, bien que spectaculaire, ne permet cependant qu’une utilisation relativement restreinte pour une agriculture intensive (15 à 20% du territoire), la pluviométrie étant totalement dépendante de l’altitude ou de la proximité des grands corps d’eau (Victoria, Naivasha), alors que les autres lacs du Rift, bien que présentant un intérêt touristique certain, sont ou saumâtres (Bogoria, Nakuru, Magadi), ou d’eau douce, mais à une altitude de faibles précipitations (Turkana, Baringo).

De ce fait, bien que la densité humaine sur l’ensemble du territoire ne soit en moyenne que de 50 habitants /km2, la pression démographique est forte sur les zones des hautes terres et des bordures côtières de l’Océan Indien et du Lac Victoria (200 habitants au km2). Le reste du pays, savanes et déserts du Nord, Nord-Est et Sud, où la plupart des parcs et réserves naturelles destinées au tourisme et à la conservation ont été créés (soit environ 11% du territoire) est peu peuplé. Cette partie est habitée par des pasteurs nomades (Rendilles, Gabras, Somalis, Samburus, Masaïs) pratiquant l’élevage extensif itinérant.

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L’agriculture

L’agriculture reste le secteur dominant de l’économie kenyane (près d’un tiers du PIB) et représente la moitié des recettes à l’exportation : les grandes cultures : café, thé, sisal, horticulture (fleurs coupées, légumes et fruits) à destination principalement de l’Europe, sont produites sur les grandes fermes ex-coloniales ainsi qu’un bétail de qualité sur les ranches du Laïkipia pour le marché des Etats du Golfe. La production agricole intensive destinée à la consommation locale est également prospère et subvient en grande partie aux besoins en céréales (blé, orge, maïs), en canne à sucre (autour du Lac Victoria) et en produits laitiers (Hautes Terres). Cependant, les cultures vivrières restent prédominantes, occupant de petites exploitations familiales ne dépassant pas trois hectares, la viande des étalages urbains provenant en grande partie du surplus de bétail mis sur le marché par les ethnies pastorales (vous mangez tous de la vache à bosse !).

L’industrie

Le Kenya étant pauvre en ressources naturelles et minérales, l’industrie locale est surtout agro-alimentaire et de transformation et se cantonne dans les principaux centre urbains : plastiques, produits d’entretien, tôles, graisses et huiles de ménage, imprimeries, confection, etc. dans la capitale Nairobi (trois millions d’habitants), montage automobile, cimenterie (Lafarge) et pétrochimie dans le port de Mombasa, seconde ville du Kenya, agro-alimentaire dans la région de Nakuru, troisième ville importante. L’économie de la région de Kisumu est dédiée à une pêche industrielle pour l’exportation vers l’Europe des prises du Lac Victoria, sa proximité des cultures de canne en faisant aussi le centre des sucreries.

L’industrie kenyane est la plus développée et la plus diversifiée d’Afrique orientale et domine les marchés régionaux malgré une lourde facture énergétique.

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Le commerce

Mombasa est le port le plus important d’Afrique de l’Est et dessert non seulement le Kenya mais aussi les pays de l’intérieur du continent (Ouganda, Rwanda, Burundi, République Démocratique du Congo) en produits pétroliers, industriels et en matières premières importées.

Le port de Mombasa est également le débouché pour les exportations agricoles régionales, étant, entre autres, devenu le premier centre mondial des ventes aux enchères internationales du thé, succédant au Sri-Lanka. Un tel trafic (!) fait du Kenya la plaque tournante du commerce est-africain (2,70% de son PIB).

Le tourisme

Le tourisme est un secteur vital de l’économie kenyane, première source de devises et premier pourvoyeur d’emplois. Les grands safaris de chasse du début du siècle dernier ayant laissé la place dès les années 60 aux safaris photo dont le Kenya s’est longtemps targué d’être le paradis. Ajoutons à cela une belle côte de sable blanc ourlée de cocotiers et parsemée d’hôtels de classe internationale.

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Nairobi, plaque tournante de la diplomatie

Malgré ses hoquets politiques (voir 1.1, Histoire), le Kenya est resté un havre de paix et de stabilité depuis l’indépendance au milieu d’une région chaotique. Cela a valu à Nairobi d’accueillir les sièges des Nations Unies pour toute l’Afrique ainsi que les deux seuls sièges mondiaux dans le Tiers-monde pour l’environnement et l’habitat.

Nairobi est également le centre nerveux des interventions diplomatiques et humanitaires sur toute la région pour sa proximité des zones de conflits (République Démocratique du Congo, Soudan, Somalie). Ajoutons à cela un bon nombre d’agences non gouvernementales.

Ces organisations et missions diplomatiques emploient une population importante de résidents expatriés qui contribuent à une part non négligeable des rentrées de devises dans le pays.

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