L’Ouganda en bref

L’Ouganda en chiffres

(les données sont, sauf indications contraires, celles publiées en 2005 par Uganda Bureau of Statistics, extrapolées à partir du recensement général de la population effectué en 2002)

Superficie : 241 138km2

Population : 26,8 millions

Espérance de vie à la naissance : 45,7 ans

Appartenance ethnique :

Les données recensent une cinquantaine de « tribus ». Les plus nombreuses sont celles des Baganda (17,3 % de la population ougandaise), les Banyankole (9,8 %) et les Bakiga (7,0 %). Les plus petites sont les Mening (2 227 individus), les Mvuba (870) et les Vonoma avec seulement 128.

Religions

Les Catholiques (41,9 %) sont les plus nombreux (mais il faut noter que leur proportion ne cesse de décroître ; les Catholiques représentaient près de 45 % de la population au recensement précédent). Ils sont suivis par les Anglicans (35,9 %) et les Musulmans (12,1 %).

Il existe plusieurs sortes d’Islam en Ouganda, un Islam « traditionnel », plus ancien, à majorité sunnite, implanté par les marchands swahilis (islam côtier) ou les soldats soudanais (islam de garnison) et un Islam « d’importation », implanté par les différentes communautés indiennes, comme les chiites Ithna Askeri, les Bohras ou les Ismaéliens (dont le chef spirituel est l’Aga Khan).

Sont présentes aussi deux sectes issues de l’Islam, les Ahmediyyas, une des rares à avoir fait des conversions en Ouganda et les Bah’ais qui ont un de leurs plus importants temples en Ouganda.

Les églises born again, très actives en Ouganda comme dans beaucoup de pays d’Afrique, ne représenteraient que 5 % de la population.

Autres données

  • Population urbaine :12 %, dont plus de la moitié dans la région centrale
  • Taux de croissance : 3,3 % (la population devrait doubler en 20 ans : l’Ouganda pourrait compter 50 millions d’habitants en 2025)
  • Population de moins de 18 ans : 56 %
  • Taux d’alphabétisation : 68 %
  • Source d’énergie domestique : charbon de bois (97 %)
  • Maisons avec sols en terre battue : 77,4 %
  • Accès à l’eau potable : 61 %
  • Possesseurs de poste radio : 48 
  • Nombre de véhicules à moteur (2003) : 226 000 dont 16 000 camions, 48 500 pick-up et véhicules tout-terrains, 57 000 véhicules personnels, 20 000 vans (matatu ?) et 80 000 motos.
  • Accès à l’électricité : 8 %
  • Possesseurs de télévision : 4,5 %
  • Taux de prévalence du VIH : 4,1 %
  • Nombre d’étrangers : 543 000 dont 4 174 Européens, 8 800 Asiatiques, 35 000 Kenyans, 62 000 Tanzaniens et 73 000 Congolais.

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L’Ouganda économique

L’Ouganda fait partie, avec le Kenya (31,5 M d’habitants), la Tanzanie (36,3M) et, depuis peu, le Rwanda de la Communauté économique de l’Afrique de l’Est. Cette structure déjà ancienne a été revitalisée durant ces dernières années, ce qui s’est récemment traduit par une levée partielle des barrières douanières afin de dynamiser les échanges dans la région.

Quelques chiffres :

PIB par habitant en 2002 : 1 390 US$ (1 020 pour le Kenya, 580 pour la Tanzanie)

Taux de croissance PIB 1990-2002 : 3,9 % (-0,6 Kenya, 0,7 Tanzanie)

Importation de biens et services en 2002 (% du PIB) : 27 % (27 % Kenya, 24 % Tanzanie)

Exportation de biens et services en 2002 (% du PIB) : 12 % (30 % Kenya, 17 % Tanzanie)

Principales exportations (2003) : Café (146 000 t - 18,8 % des valeurs), coton (16 000 t - 3,3 %), thé (37 000 t - 7,2 %), tabac (24 000 t - 8,1 %), poissons (26 000 t - 16,5 %), fleurs coupées (5 600 t - 4,1 %), or (3 400 t - 7,2 %)

L’Ouganda touristique

Nombre de visas touristiques délivrés en 2003 :

  • Français : 3 022
  • Belges : 1 748
  • Suisses : 1 134

Nombre de visiteurs des parcs nationaux en 2003 :

  • Parc des Murchison Falls : 38 553
  • Parc Queen Elisabeth : 32 611
  • Parc du Lac Mburo : 11 692
  • Parc de Kibale Forest : 5 998
  • Forêt impénétrable de Bwindi : 4 900 (soit 13,5 visiteurs par jour)

Les autres parcs (Mont Elgon, Mgahinga, Semliki, Kidepo et Rwenzori) ont accueilli environ 10 000 visiteurs

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L’Ouganda officiel

Capitale : Kampala (1,2 millions d’habitants)

Président : Yoweri Museveni

Langue officielle : Anglais

Monnaie : Shilling ougandais (Ush). Sont en circulation : les pièces de 1, 10, 20, 50, 100, 200, et 500, et les billets de 1000, 5000, 10 000, 20 000 et 50 000. Il n'existe aucune restriction à l'importation ou à l'exportation de devises à l'arrivée ou au départ de l'Ouganda. Cependant, toute somme supérieure à US$ 5000 doit être déclarée à la douane.

Heure : GMT+3

+2 heures/France aux horaires d’hiver,

+1 heure/France aux horaires d’été

Pays frontaliers : Soudan au Nord, RDC à l’ouest, Rwanda et Tanzanie au sud, Kenya à l’Est.

L’Ouganda est divisé en 65 districts

 

Jours fériés

1er janvier : Nouvel An

26 janvier : jour du NRM

9 mars : Journée de la femme

Mars - avril : Vendredi Saint, dimanche et lundi de Pâques

Fêtes musulmanes (Aïd el-Fitr et Aïd el-Adha)

1er mai : Fête du travail

3 juin : Jour des Martyrs

9 juin : Jour des Héros

9 octobre : Fête de l’Indépendance

25 décembre : Noël

26 décembre : Boxing Day

La mondialisation a touché depuis longtemps le centre de l’Afrique : la plupart des aliments viennent d’ailleurs – et souvent de loin. Le millet et le sorgho ont été introduits des plateaux éthiopiens il y a 2 ou 3000 ans ; la banane, le riz et certainement la patate douce ont été introduits par l’océan Indien, il y a près de 2000 ans ; le maïs et le manioc (casava) viennent d’Amérique, soit au plus depuis 500 ans ; l’avocat – un des délices d’Ouganda – provient de l’Amérique tropicale et enfin la mangue, des contreforts de l’Himalaya.

Un document sur la banane, l’élément de base de la nourriture ougandaise.


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La banane, un rapide survol dans le contexte africain

Par Thomas Dubois et Daniel Coyne, International Institute of Tropical Agriculture

La banane est une des plus importantes sources alimentaires dans le monde. En gros, elle se situe en quatrième position après le riz, le blé et le maïs. Elle est cultivée dans 130 pays du monde, plus que n’importe quel autre fruit. La production mondiale est d’environ 88 millions de tonnes : un tiers est produit en Amérique latine, un tiers en Asie et le dernier en Afrique. En taxinomie, la banane est une herbe géante et, constitue avec l’abacà, la famille “musa” dans la classification du genre auquel elle appartient. L’abacà, connue aussi sous le nom de “chanvre de manille “ et “tagal”, est cultivée seulement aux Philippines. Les feuilles de l’abacà sont considérées comme une des fibres naturelles les plus solides. Jusqu’à l’apparition des fibres synthétiques, le chanvre de Manille était le matériau le plus utilisé pour les cordages de marine, sa solidité, sa légèreté et sa résistance à l’eau faisaient merveille. Il est surtout utilise aujourd’hui dans l’industrie du papier.

De l’autre côté, la banane peut être classée en plusieurs catégories en fonction de son usage : bananes de dessert, bananes à frire ou à griller, bananes pour brasserie. Les bananes de dessert comptent pour moins de la moitié de la production mondiale mais sont celles à qui on associe couramment le mot “bananes” en occident. Elles peuvent avoir différentes couleurs comme jaune, rouge ou vert même si en occident, seules les bananes jaunes sont vraiment connues. Elles sont tout à fait mûres lors de la récolte et sont consommées crues. La part de culture pour l’exportation représente 10 % de la production mondiale et elles proviennent surtout d’Amérique latine ; la plupart de ces bananes de supermarché proviennent d’une seule variété, la banane de dessert Cavendish.

D’autres types de bananes sont récoltées vertes et demandent une préparation avant leur consommation. Les bananes à frire ou à griller, communément appelées “plantain” sont très fréquentes en Afrique de l’Ouest et en Amérique latine.

Les bananes à cuire ou pour brasserie sont quasiment inconnues des occidentaux, bien qu’elles représentent 20 % de la production mondiale. Connues localement sous le nom de matooke, la production et la consommation de bananes à cuire est répandue dans la région des Grands lacs, et tout particulièrement en Ouganda, où elles sont consommées en grande quantité. Dans la région des Grands lacs, la banane représente le plus grand taux de consommation dans le monde. On estime qu’en moyenne, un Ougandais consomme le total incroyable de 180 kg de banane par an.

La banane est la principale activité et le principal revenu des agriculteurs ougandais car près des trois quarts de la population en consomme. En luganda, le mot matooke signifie littéralement « nourriture ». La banane occupe plus de 38 % de surfaces cultivées et, ainsi personne n’est surpris de voir des bananes partout dans le paysage.. Les Ougandais ont adopté leur matooke pour son excellent rendement. Génétiquement, après des décades de culture intensive et de sélection par les fermiers ougandais, le matooke ougandais s’est différencié de toutes les autres bananes et appartient au groupe spécifique des East African Highlands bananas. L’aire de East African Highlands bananas est reconnue maintenant comme un second centre de diversité pour les bananes dans le monde. Avec 84 variétés différentes, l’East African Highlands banana constitue un groupe génétique spécifique. Le fruit est produit tout au long de l’année, génère un revenu régulier et fournit une nourriture très nutritive. Les bananes de brasserie sont appelées ainsi à cause du liquide qu’elles contiennent qui est traditionnellement extrait du fruit et bu, soit immédiatement comme un jus, soit fermenté pour donner de la « bière de banane », boisson légère et saine.

Comme cette culture est tellement importante pour la société ougandaise, la banane n’est pas uniquement une nourriture en Ouganda. Les feuilles et les tiges sont souvent utilisées pour envelopper la nourriture, pour les toitures et dans les activités textiles. Durant l’élection présidentielle de 2006, les conducteurs de boda-boda ou de matatu arboraient des feuilles de bananes vertes ou jaunes pour marquer leur opposition ou leur soutien au président sortant. Durant les visites de dignitaires dans les villages, on voit fréquemment les routes bordées de bananiers spécialement transplantés pour cette occasion.

À cause de leur taille, les bananiers sont fréquemment considérés comme des arbres. Même si les bananiers ressemblent à des arbres, leur vraie tige est entièrement souterraine. La tige visible d’un bananier, sur laquelle poussent les régimes de bananes, est un ensemble de feuilles étroitement serrées appelé la pseudotige. Comme la vraie tige est souterraine, le bananier est une herbe pérenne qui croît indéfiniment : la tige souterraine donne continuellement des rejetons qui, poussant à côté de la pseudotige principale, donnent de nouvelles pousses de bananiers. Cependant, à cause de maladies du sol, la banane est cultivée comme une plante annuelle dans de nombreuses exploitations commerciales d’Asie et d’Amérique latine où les plants sont détruits après la récolte, les sols stérilisés et les bananiers replantés. Un bananier produira un seul régime avant de mourir et être remplacé par une nouvelle tige. Dans certains rares cas, deux régimes sont produits en même temps par la même tige.

La banane sauvage est originaire de l’Asie du Sud-Est et de Nouvelle Guinée. Par conséquent, étant centre d’origine, la région de la Nouvelle Guinée possède la plus grande variété de bananes. Dans le monde, plus de 500 variétés de bananes cultivées ont été étudiées. On considère que le nombre doit être encore supérieur car de nombreux sites de production de Nouvelle Guinée – et d’autres régions – n’ont pas encore été étudiés. À l’origine, la banane sauvage contenait des graines mais à travers la sélection et la domestication par les premiers agriculteurs, les bananiers produisent des fruits sans fertilisation ni graine, accroissant ainsi leur comestibilité. Des graines de bananes sont encore produites par les bananes sauvages, non-comestibles pour la plupart. Les graines sont de la taille d’un pois, noires et très dures, raisons supplémentaires pour sélectionner des fruits sans graines. De récentes recherches archéologiques en Papouasie Nouvelle Guinée laissent penser que la culture des bananes a débuté près de 5000 ans avant notre ère. Un des premiers témoignages remonte à la conquête de l’Inde par Alexandre en 327 avant notre ère. On estime généralement que les bananes ont été introduites en Afrique, par Madagascar et Zanzibar, il y a près de 3000 ans. De récentes fouilles ont mis en évidence la plus ancienne culture de bananes au Cameroun. Les marchands arabes ont pu contribuer à sa diffusion. Chose intéressante, le mot « banane » est originaire de l’Afrique de l’Ouest. En 1516, un commerçant portugais nommé Friar Tomas atteignit les Antilles en apportant plusieurs pieds de bananes avec lui. Elles ont trouvé un terrain fertile en Amérique latine qui fut le fer de lance de leur exploitation commerciale au XXème siècle.

Comme toute culture, la banane est aussi sujette à des parasites et aux maladies. La tige souterraine y est tout particulièrement sensible. Pour vaincre les parasites et les maladies qui détruisent progressivement la plante, les bananiers sont simplement remplacés par de nouveaux plans dans de nombreuses exploitations tournées vers l’exportation. Ces plants ont grandi dans des laboratoires et sont, par définition, indemnes de parasites et de maladies. Un tel dispositif est idéal dans le cadre d’une large monoculture et les plans sains auront une croissance identique et seront récoltés sur une courte période. Les plantations de ce type demandent de nombreux intrants, y compris les pesticides, et permettent un haut rendement. À l’opposé, les petites fermes africaines produisent leurs bananes dans des conditions radicalement différentes. Les bananes ne sont pas traditionnelles en Afrique, sont fragiles et relativement sensibles aux parasites et aux maladies, et ne sont, pour ces raisons, pas évidentes pour les fermiers. Par chance, toutes les plantes produisent naturellement des « endophytes », des organismes microscopiques qui vivent à l’intérieur des fibres de la plante. Cette relation est souvent un support mutuel selon lequel les endophytes sont protégés par la plante et qu’en contre partie, ils protègent leur hôte contre les parasites et les maladies, favorisant leur croissance, leur résistance et leur rendement. L’Institut international de culture tropicale (IITA) étudie le processus de production des endophytes dans les bananiers pour leur utilisation par les propriétaires de petites exploitations en Afrique de l’Est. La réintroduction d’endophytes dans les bananiers de culture restaure l’équilibre naturel et augmente les bénéfices de plants propres et sains. Cela augmentera la capacité du plant à combattre ses ennemis.

Sources :

Jones (D.R). Diseases of banana, abaca and enset. Wallingford (UK) : CABI Publishing, 2000.

Wikipedia. Online encyclopedia. www.wikipedia.com

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Karibuni Ouganda - Edition 2007, Assemblée des Français de l'Etranger (AFE)
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