SE BALADER EN OUGANDA

EST : Mbale, Moroto

S’il ne compte pas les plus grands parcs animaliers, l’Est de l’Ouganda présente aussi plusieurs points d’intérêt.

Il faut distinguer la région de Mbale (autour du Mont Elgon) et la région déshéritée du Karamoja.

La région de Mbale

Région injustement peu connue d’Ouganda, elle offre, à 250 km de Kampala, toute une variété d’excursions possibles nulle part ailleurs. Les centres d’intérêt sont la randonnée dans le parc du Mont Elgon – bien plus accessible que le Rwenzori, la découverte de fresques, la visite des plantations de café (l’arabica du Mont Elgon est un des meilleurs du monde) et les Sipi Falls (de préférence à la fin de la saison des pluies)

Le Karamoja,

Région semi-aride du nord de l’Ouganda, il abrite des populations pastorales, les Karamojong, composées de plusieurs tribus semi-nomades qui dépendent de l’élevage pour l’alimentation, les dots et autres paiements en espèces. Le Karamoja se caractérise par la faiblesse et l’irrégularité de ses précipitations. On y trouve un paysage de savane situé sur un plateau à 1400 mètres d’altitude. La pénurie d’eau pour les hommes et les animaux, ainsi que la rareté des pâturages, conduisent à une trop forte concentration de bétail par rapport à la capacité de charge de la région. Le niveau de la nappe phréatique ayant diminué depuis 1960 en raison de la sécheresse et d’autres formes de dégradation environnementale, les ressources en eau dont dépend la population ne cessent de se réduire. De plus, la sécheresse et la maladie produisent chez le bétail une mortalité élevée. Enfin, environ 50 pour cent du Karamoja sont une zone de préservation de la biodiversité où les autorités interdisent toute activité humaine. Cette situation explosive a débouché sur des vols de bétail et des conflits armés, non seulement entre les différentes tribus, mais également avec les populations des pays voisins (Potoks et Turkanas du Kenya) souffrant des mêmes pénuries de ressources. Depuis le début du XXème siècle, le Karamoja a été le théâtre de différends sporadiques avec les autorités centrales, du protectorat comme de l’Ouganda indépendant, le plus souvent lors de campagnes de désarmement des pasteurs. Le problème semble sans fin : un clan désarmé est immédiatement attaqué par un voisin et, en conséquence, le premier clan se réarme pour se protéger puis pour récupérer le bétail qui lui a été volé…

La région a connu en 1980, une terrible famine qui tua 21% de la population (dont 60% d’enfants). Il s’agit de la plus sévère famine connue dans le monde depuis 1400 (seule la famine de 1696 en Finlande fut plus meurtrière).

Les principales tribus sont les Dodoth dans le Nord, les Jie au centre et les Karamojon au Centre-Sud. Ensuite les Karamojong se divisent en trois sous-groupes, les Matheniko, les Bokora et les Pian. Il existe aussi d’autres petits groupes comme les Iks

Les Iks (environ 2 000 personnes) sont un peuple de chasseurs vivant dans le nord de l’Ouganda. Après l’indépendance du pays au début des années soixante, le gouvernement ougandais a créé un parc naturel protégé de Kidepo sur une grande partie du territoire traditionnel de chasse des Iks et les a désarmés. Les Iks étaient censés se convertir à l’agriculture pour survivre. Le problème est que les territoires qui leur ont été proposés étaient très arides et impossibles à cultiver. Les Iks sont donc restés sur leur territoire ancestral et ont commencé à souffrir de la faim.

Cette famine a durée des années et a eu des conséquences sociales incroyables : la société iks s’est désagrégée et chaque individu s’est isolé des autres. Rien n’y a résisté, ni la famille, ni la religion traditionnelle. Tous les moyens sont devenus bons pour survivre à n’importe quel prix.

Les parents ne sont pas solidaires entre eux et ne s’occupent de leurs enfants que jusqu’à l’âge de trois ans, après quoi, ils doivent se débrouiller seuls. Les vieillards sont abandonnés et on n’hésite pas à littéralement leur retirer la nourriture de la bouche.

Colin Turnbull : Les Iks : Survivre par la cruauté (Nord Ouganda) – Paris : Presse Pocket, 1987

Colin Turnbull, déjà un ethnologue chevronné à l’époque, s’est retrouvé un peu par hasard en mission chez les Iks et a passé un an avec eux en 1965-1966. Ce livre est son témoignage sur ce qu’il a vu et a vécu.

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Tororo

Ville industielle (cimenterie) au pied d’un imposant pain de sucre (The Rock), Tororo ressemble à une ville coloniale un peu assoupie.

Rock classic Hotel

70, Osukuruku Road (il faut ne pas prendre la direction du centre ville et continuer sur la route du Kenya en direction du poste frontière de Malaba, l’hôtel se trouve sur votre gauche) –
Tél : 0772 768 536/7 – Fax : (045) 45 069.

Entièrement rénové, cet ancien hôtel d’état dispose d’une piscine et d’une salle de sport.

Mbale

La vraie ville n’a rien à voir avec le Mbale du dernier James Bond (Casino royale). Il s’agit de la troisième ville d’Ouganda. Ville propre, calme, charmante…, Mbale constitue une base idéale pour rayonner dans la région. Tous les atouts pour un sympathique séjour.

 

Où dormir ?

Mount Elgon Hotel

30, Masaba Road - Mbale
Tél : (045) 4433454 ou 33612 et 0772 680 249 – fax : (045) 4433717 ou 33454.
Courriel : info@mountelgonhotel.com – site : www. mountelgonhotel.com

Installé dans un ancien hôtel d’état, cet hôtel de 30 chambres vient d’être rénové avec goût. Possibilité de visites de Sipi Falls, des peintures rupestres de Nyero Rock et de plantations de café du Mont Elgon (le meilleur arabica d’Ouganda).

Mbale Resort Hotel Uganda

50, Bungoho Road – Mbale – Tél : (045) 33920, 34485, Fax : (045) 33922

Hôtel avec une piscine mais le charme en moins.

Wash & Wills Country Home

37, Mbiro Road – Mbale – Tél : (045) 35264 et 0772 518 675 – Fax : (045) 35971
Courriel : sales@washwills.com et washwills@yahoo.com
Site : www.washwills.com

Beaucoup de kitsch… prix abordables, un billard.

Landmark Inn

2, Masaba Gardens – Mbale – Tél : (045) 33 880 et 077 396 296.

Pension installée dans une maison coloniale disposant de plusieurs atouts : le charme de la bâtisse, un grand jardin agréable, le prix (35 000 Ushs) et, ce qui ne nuit pas à l’ensemble, un très bon restaurant indien.

Mont Elgon National Park

À la frontière du Kenya, le mont Elgon est un volcan éteint datant de plus de 24 millions d’années. C’est aussi l’un des plus hauts pics d’Afrique de l’Est et le second plus haut massif d’Ouganda avec le pic du Wagagaï qui culmine à 4 321 m. Des excursions de 3 jours à 5 jours sont organisées traversant des versants boisés abritant de nombreuses grottes, gorges, chutes d’eau et vues magnifiques. La saison sèche, c’est-à-dire de juin à août et de décembre à mars, est la plus favorable aux excursions qui durent en général trois jours. La plupart des pics sont accessibles et aucun équipement spécifique n’est nécessaire.

Excursions (entrée du parc, et camping inclus)

5 jours : 90 US$/personne - 10 jours : 10 US$/jour en plus/personne

Guide : 8 000 Ushs/jour - Porteur : 7 000 Ushs/jour

Réservation : Mount Elgon National Park - P.O. Box 135, Mbale. Tél : (041) 337 720

Accès

Kampala - Mbale : 250km (3h)

De Mbale se rendre à Budadiri : 1h de piste et prendre contact avec les guides et porteurs. Il est possible de continuer en 4X4 jusqu’à Bumasola : 5km (45 minutes. de piste).

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Sipi Falls

Au nord de Mbale, les Sipi Falls, dans les contreforts des montagnes, sont les plus accessibles et romantiques chutes du pays (elles mesurent tout de même près de 100 m de haut). Surplombant la plaine du Karamoja, la vue est superbe et inspire la sérénité. Balades possibles sur les flancs de la montagne, au milieu des plantations de bananiers et caféiers ; visites de caves et grottes dans la roche volcanique.

Accès

De Mbale, prendre la route du nord et suivre la route allant à Kapchorwa (la piste rejoint la frontière du Kenya) - environ 1h après Mbale. Cette route est une des meilleures et des plus spectaculaires d’Ouganda. Les Sipi Falls sont donc désormais plus accessibles pour tout véhicule.

Lodges

Sipi Falls Rest Camp

Réservation : Volcanoes – 27, Lumumba Avenue, Nakasero, Kampala

Tél : (041) 346 464/5 et 075-741 718 - Fax : (041) 341 718
Courriel : sales@volcanoessafaris.com
Site : www.volcanoessafaris.com

Prix (résidents - pension complète) : 120 US$ - double / 90 US$ - simple

Lacam Lodge

Réservations :

Tél : 0752 292 554
Site : www.lacamlodge.co.uk

Spécial routards

The Crow’s Nest

Aux Sipi Falls, sur la route de Kapchorwa

Tél : 0772 515 389
Courriel : thecrowsnest@e-architect.com

Double (petit chalet) : 20 000 Ushs

Simple : 16 000 Ushs

Camping : 3500 Ushs/pers.

Moses’s Campsite

Signalisation à partir du village de Kapwirwok.

Aux Sipi Falls, sur la route de Kapchorwa.

Les fresques de Nyero

La région du Teso (pieds du Mont Elgon) abrite une douzaine de sites préhistoriques d’Ouganda. Rien à voir avec Lascaux : il s’agit le plus souvent de peintures monochromes peintes sur un rocher ou un abri sous roche. Le site le plus accessible est celui de Nyero à 60 km au nord de Mbale. S’y rendre est très simple : prendre la route de Soroti jusqu’à Kumi (55 km), prendre à gauche avant la station Shell, continuer tout droit, passer le petit village de Nyero et après 1,5 km, vous verrez le site sur votre droite.

Il existe aussi d’autres sites, moins facilement accessibles dans la région. Le guide Bradt, une bonne carte et votre flair vous permettront de les localiser.

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Document : Le café en Ouganda

Par Gérard Fourny, CIRAD

Traversé par l’équateur, l’Ouganda, dont l’altitude moyenne est de 1 200 m, bénéficie d’un climat doux et tempéré. Sa position géographique et ces conditions climatiques permettent une production de café toute l’année, avec une récolte d’octobre à février dans le centre et l’est du pays (récolte correspondant à la production de l’hémisphère boréal) et une récolte de mai à juillet dans l’ouest du pays (récolte correspondant à la production de l’hémisphère australe).

La caféiculture ougandaise est une agriculture familiale, le café ougandais est produit par environ 500 000 producteurs possédant des plantations comprises entre 0,25 et 2,5 ha. L’Ouganda produit du café arabica et du café robusta dans des proportions de l’ordre de 20/80.

Le café robusta, produit autour du lac Victoria à une altitude limite sous cette latitude (le robusta pousse rarement au-dessus de 1000 m sous l’équateur), possède des caractéristiques organoleptiques particulières.

Alors qu’il est admis d’une façon unanime que le café arabica est originaire de l’Ethiopie, l’Ouganda est reconnu comme pays d’origine du café robusta, et des caféiers sauvages existent encore dans la forêt tropicale humide.

Il est rapporté que des siècles auparavant, les combattants ougandais suçaient des grains de café réputés pour donner force et invincibilité. Aujourd’hui encore on peut voir des petits marchands à la sauvette vendre dans les carrefours de Kampala des cerises de café sèches empaquetées dans des petits sachets confectionnés en feuilles de bananier séchées. Elles sont consommées comme des bonbons par les chauffeurs qui considèrent qu’elles les maintiennent éveillés. 

La plaine du Karamoja

Cette région est en général peu recommandée dans les guides car elle est désertique et peu sûre. C’est cependant une des régions les plus intemporelles et fascinantes que l’on puisse visiter dans le pays. La plaine du Karamoja, au panorama lunaire, s’étend à perte de vue, traversée par une seule piste principale. Près de Moroto, les Karamojong , vivent de chasse et d’élevage (vaches et chèvres) dans des villages traditionnels. Peuple d’éleveurs comme les Masaï ou les Turkana au Kenya, la culture des est très particulière.

La région est riche en fossiles et c’est un des lieux de recherche d’une mission paléontologique française. Ce monde à part est un paradis pour les photographes amateurs et professionnels. Aux alentours de Moroto, les risques d’insécurité sont mineurs.

Accès

Kampala - Moroto (via Soroti) : 474 km (une journée de route). De Kampala à Soroti (4h), la route est relativement bonne, mais à partir de Soroti, la piste devient plus cahoteuse. Un 4X4 est recommandé.

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Karibuni Ouganda - Edition 2007, Assemblée des Français de l'Etranger (AFE)
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